Sadismus Jail

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 Bonne conduite, une liberté éphémère.[pv]

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Damara Galanis
2838 Douce Flamme


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MessageSujet: Re: Bonne conduite, une liberté éphémère.[pv]   Ven 17 Oct - 14:24

Plongée dans les ténèbres, seule la lune éclaire encore un peu la pièce par sa blancheur magistrale. A mes côtés, ma petite protégée avec la petite boule de poils. Je pense qu’elle s’est endormie. Les deux plutôt. Littéralement, tombée de fatigue. La journée a été assez éprouvante pour moi et certainement pour elle aussi. Je la regarde d’un œil maternel s’enfoncé dans son paradis blanc. Ses rêves. Je t’ai dit que tu n’étais pas seule Adélie. Ma parole, garde la précieusement au fond de ton cœur. Et que jamais ne s’efface ton innocence. Aujourd’hui, j’ai vu beaucoup de peur dans tes yeux, beaucoup d’anxiété sur ta peau. Le monde te fait si peur que cela ? Au fond de moi, quelque chose me dit qu’elle n’a pas sa place ici. Et le pire, sans savoir pourquoi, sans preuve, j’y crois.

Silencieusement, sans crainte. Je m’approche d’elle en la serrant contre moi. Je me brûlerai les ailes s’il le faut, juste pour te prouver que je suis là. J’écoute sa respiration, dort-elle en ce moment? Je ne sais pas, je ne peux le deviner. Mes yeux jouent sur le ciel, les étoiles brillent de mille feux autour de l’astre de la nuit. Beaucoup de gens voudraient être aimé, même juste un peu. Sur Ton cœur, je sens cette envie. De quoi ? Bonne question. Tes rêves sont peut-être meilleurs que la réalité, mais je ne peux qu’accéder à ton existence charnelle. Mon ventre touche son dos, mon bras enlace son être en passant sur ses côtes. Une femme enfant. Qui a besoin d’une matrice … Même pour une nuit. Si c’est vraiment ce que tu veux, je me porte garante. Te montrer que même dans les pires endroits, il existe des personnes qui ne voudront que ton bonheur. Sous ma protection, je te demande juste de te ressourcer, te relever. De moins flancher face au monde. Je suis consciente que je ne serais pas tous les jours derrière toi. A te rassurer quand tout va mal. Tu t’en doutes.

Je me redresse pour venir déposer un baiser sur sa joue en lui murmurant un :
« Bonne nuit ».N’ai jamais peur, il y a des gens comme toi. Il y a des rires et des pleurs dans les cœurs des personnes. Mais il y aura toujours quelqu’un pour vous consoler quand vous serez au plus bas. J’ai choisi ma place aujourd’hui. Ici, auprès de toi. Contre toi. Qu’importe qui tu es, c’est dans tes yeux que j’ai vu un besoin d’amour. Il était une fois … Le vent souffle contre la vitre. Athis rêve, je l’entends faire de petits bruits qui ont vite fait de se dissiper dans le silence de la nuit. Mon autre bras soutient ma tête, je ferme à mon tour les yeux. Bercer par la musique de leur respiration ainsi que par la braise de minuit …

***


« Damara … réveille toi … »


La voix masculine vient doucement retirer la petite fille de son sommeil. Se frottant les yeux, la présence de l’homme se fait plus opposante sur sa peau. Un baiser pausé sur le front, à l’aveuglette, elle enlace son protecteur de toujours. Des sourires devinés, je me décide enfin à ouvrir les yeux pour découvrir Sebasten déjà prêt. Je devais avoir dix ans, pas plus. L’air de la méditerranée flotte dans le vent matinale, l’écume se fait entendre, joyeuses, les mouettes jouent à éviter les gouttes d’eau qui s’écrasent contre les roches. Papa, lui c’est un mythe dans les lignes de mon existence, il est toujours là pour moi aussi bizarre que cela ne paraisse. Je sais que maman n’est plus là. Mais je ne dois pas pleurer parce qu’il est là. Et qu’elle veut me voir heureuse. Encore jeune, mais je comprenais que je devais trouver et donner force auprès de Lui. Mon père.

En un rien de temps, je me lève en hâte. Aujourd’hui, nous allons au temple d’Athéna sur l’Acropole. Papa m’avait souvent raconté ses mythes. Les histoires des grands Dieux Grecs, des héros. Tout ce qui me faisait rêver, j’étais là … Je suis là. Sur mes deux pieds à contempler les ruines d’un vestige ancien. Il ne nous a pas fallu énormément de temps avec papa pour arriver jusqu’ici. Ce n’est pas la première fois que je viens ici, mais je suis toujours aussi éblouie par ce paysage. Quelques un des piliers au sol, laisse paraître derrière eux, un flan de montagne où l’herbe est d’un vert éclatant sous le soleil de l’été. Je me perds une nouvelle fois face à mon monde.


« Damara, viens un peu par ici. »


Je me retourne vers mon père. Occupé avec ses collègues à étudier l’architecture du Parthénon. Le sourire aux lèvres, je m’élance vers lui. Je savais par expérience que s’il m’appelait, c’était pour me compter l’une des histoires du monde. Le notre.

« Tu connais la déesse Athéna ? »


Ma tête expose une réponse négative. Qui était-elle ? Tirer par mon père, main dans la main, nous sommes entrés dans le temple. Dans l’une des pièces, dormait une statue. Celle d’une femme, une déesse mythologique. La fille de Zeus de Métis. Le Dieu des dieux, apprit que la femme était enceinte. Sans aucune pitié, il l’avala entièrement. Les maux sont arrivés, et Athéna jaillit de sa tête avec toute une armée. Considérée comme seule fille de Zeus, elle prend une place importante dans l’Olympe. Pure et droite, Athéna est le modèle de femme qu’aiment les grecs.

A la fin de l’histoire, je fixe mon père. J’étais un peu comme elle, sans mère. Mais pas abandonnée. Je savais que maman était auprès de nous à chaque moment de notre vie. En secret, j’ai senti mainte fois sa main frôler ma joue dans mon sommeil …

***


Loin des yeux, loin du cœur.
On s’habitue à tout. Presque.
Leurs absences me déchirent au plus profond du coeur.


Réveillée par le chant des oiseaux bien matinal, j’ouvre doucement les yeux. Découvrant Adélie tout contre moi. Je ne bouge pas, profitant encore du temps pour la serrer contre mon cœur. Je reconnais facilement la douleur du manque d’une mère. Tu la connais peut-être toi aussi. Qu’importe, je suis là. Comme tu es là. Je pose mes lèvres sur le front de ma protégée tout en lui murmurant :


« Bonjour »

Je souris en voyant son visage d’enfant endormie. Que oui, j’aurai aimé être sa mère …

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Adélie Roche
463729 Petite fille égarée


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MessageSujet: Re: Bonne conduite, une liberté éphémère.[pv]   Mer 22 Oct - 5:19

Le noir m'enveloppe, j'ai sombré.
Sans crainte, sans peur. Damara veille sur moi, aidée par la Nuit. Et j'oublie bien vite le contact de la gardienne. C'est comme si... Presque comme s'il ne me dérangeait plus. L'inconscient a pris le pas sur la conscience, le sommeil sur l'éveil. Comme si je n'étais plus qu'une petite fille dans les bras rassurants de sa mère. À la différence qu'en théorie, je ne suis pas une petite fille. Et que Damara n'est pas ma mère. Je suis juste une adulte pas encore adulte, un peu paumée. Et en prison. Mais il est doux de se laisser bercer par des rêves et des espoirs. Damara me protège. J'en ai presque oublié le lit vide à l'autre bout de la chambre et la personne qui pourrait faire irruption dans notre nid, notre havre.
Je crois que je me suis réveillée de nombreuses fois, cette nuit. Comme souvent. À chaque fois, je sentais la présence de Damara à mes côtés. J'ai fini par m'y faire, je crois. La peur est partie. C'est comme si j'avais enfin réussi à imprimer que Damara ne me veut pas de mal. Mais le malaise sera sans doute toujours là. Quand je ne saurai pas parler. Ou quand je penserai au mensonge. Cela n'influe peut-être pas sur sa vie, mais il n'empêche que je trahis sa confiance en ne lui disant pas la vérité. En général, quand les gens comprennent que vous leur avez menti, ils vous en veulent. Et puis ce n'est jamais plus comme avant. Ils sont persuadés qu'ils ne peuvent plus vous croire. Si vous avez menti une fois, pourquoi pas deux ? Mais moi je ne veux plus qu'on m'en veuille, c'est trop douloureux. Surtout quand on n'est pas bâtie pour supporter ça.
La nuit était claire, et une flaque lactescente s'étalait sur le sol. Athis dormait. Quant à Damara, j'ai pu entendre son souffle régulier. Ça me fait bizarre de dormir dans le lit d'une autre personne. C'est comme si... Comme si je m'immisçais dans sa vie, dans son intimité. Une sorte d'intrusion, même si j'y ai été invitée. Est-ce que je dérange ? Je dérange toujours un peu. Je ne devrais peut-être pas être là. Je lui vole un peu de son intimité. Je suis dans son sanctuaire, certes un peu précaire, mais tout ce qu'elle a ici. C'est ce que je pense, même si mon hôte n'en donne pas l'impression. Un partage. Damara est si généreuse avec moi... et si douce. Alors même que je ne le mérite absolument pas.
J'ai les yeux ensommeillés, douloureux. Mes émergences ne durent que quelques secondes, et le sommeil me gagne à nouveau, inlassablement.

Jusqu'au moment où je sens le lit bouger davantage. Ça me réveille, normal. Je n'ai pas l'habitude. Et puis un contact sur mon front, une voix tendre, les oiseaux dehors. J'émerge lentement. Pour de bon. Mes yeux s'ouvrent, toujours aussi douloureux. La fatigue ne m'a pas lâchée. Elle est toujours là, bien accrochée. Système de défense très efficace, parfois. Défense contre quoi ? Ne cherchez pas... Vous ne me comprendriez pas. Je ne suis pas dans la normale. Je peux vous l'assurer. Pourtant, j'aimerais bien. Mais mes réactions ne sont pas compréhensibles par un être humain, je crois. Désolant, je sais. Croyez-moi, je le suis, désolée. Malheureusement, ça ne suffit visiblement pas.
Bref.
Cessons de nous lamenter.
Ce serait une bonne idée.
Je ne bouge pas, reste immobile, tout contre Damara. Et je crois que je souris un peu.

« Bonjour. »

Un murmure.
À croire que Damara ne peut pas en attendre davantage de moi. Vraiment pitoyable.
Mais je me sens un peu mieux, ce matin. Je crois que c'est ça, j'ai intégré Damara dans mon référentiel. C'est comme si elle était un peu de ma famille. Elle n'est plus simplement une gardienne. Oui, je m'attache trop vite, je le sais. Ce n'est pas très bon, tout ça... Mais je veux croire que Damara ne me trahira pas. Et puis je ne peux rien y faire, je pense. J'ai déjà tissé ces liens invisibles qui nous lient dans mon cœur. Saurai-je l'oublier un jour ? J'en doute, et franchement je ne le souhaite pas. Elle a sa place, et si je venais à l'oublier, je crois que j'en serais incomplète. Les rencontres que je fais me marquent énormément. J'ignore si c'est normal, je ne sais pas ce qu'il en est des autres. Je suis mon unique point de repère. Et ce que je sais, c'est que Damara y a sa place. Ainsi qu'Athis.
Pourtant, il y a quelque chose qui me fait retourner sur terre. J'aimais bien ce petit nuage constitué d'une certaine paix intérieure, mais je dois me rendre à l'évidence : je ne pourrai pas rester indéfiniment dans cette chambre avec Damara. Elle a beau être d'une gentillesse extrême, elle ne fait pas ce qu'elle veut, même si elle n'est pas en prison. Elle a des devoirs, des obligations. Et je ne pense pas qu'un traitement de faveur de ce genre pour un prisonnier soit toléré. Je ne voudrais pas lui attirer d'ennuis. Le problème, c'est que le jour se lèvera bientôt. Et avec lui les autres prisonniers. Les couloirs s'empliront de monde. De monde que je ne veux pas voir. Et puis je ne veux pas croiser les autres, ceux qui dorment dans la même cellule que moi. Et pour être sûre qu'ils ne me voient pas, deux solutions : arriver à un moment où ils ne sont pas là ou bien quand ils dorment. La première solution est un peu trop... aléatoire. Comment savoir s'ils seront là ? En revanche, si j'arrive maintenant et que je me coule discrètement dans ce qui me sert de drap, je n'aurais qu'à faire mine de dormir, comme j'ai toujours fait. Je ne crois pas qu'ils s'éveillent aussi tôt.
Et voilà, je n'ai plus qu'une idée en tête : partir. J'aimerais bien pouvoir rester ici plus longtemps, car je me sens en sécurité. D'ailleurs, Athis, qui vient de s'éveiller à son tour, commence à bouger et à demander des câlins. Oui, j'aimerais bien pouvoir rester ici plus longtemps. Pour toujours, puisque de toute façon, je suis coincée ici pour le restant de ma vie – d'ailleurs, je crois que je n'ai toujours pas imprimé cette information, mais qu'elle est en train de faire sa place, elle aussi... Le temps passe petit à petit, je finirai bien par comprendre que je ne reverrai plus la France. Pour toujours avec Athis et Damara... Mais c'est impossible. Je suis censée être dans ma cellule, je le sais. C'est là que doivent se trouver des prisonniers, non ?

« Je... »

Non, je n'ai pas terminé ma phrase.
Je dois y aller... C'est ce que j'ai failli dire. Mais je n'ai pas pu. Je ne veux pas y aller. Et puis... Je ne voudrais pas qu'elle croie que je ne me sens pas bien avec elle, ou quelque chose comme ça. J'ai peur qu'elle m'en veuille, qu'elle me laisse partir avec cette indifférence que j'abhorre. Je baisse la tête, et mon regard se perd dans les draps. Mes joues se teintent légèrement de rouge. Je n'aime pas quand je commence des phrases sans les terminer. Cela me donne un sentiment intense de faiblesse et d'infériorité. La sensation de ne rien maîtriser. Je ne suis qu'une poupée de chiffon sans aucune volonté, n'aspirant qu'à un peu de tendresse.
C'est bien beau, tout ça. Mais j'ai pas encore terminé ma phrase. Allez, ce n'est pas bien dur. Je dois y aller. Il n'y a aucune raison pour qu'elle se vexe, j'en suis certaine. Et si... ? Comment en être certaine sans avoir essayé ? Je préfère pas courir le risque. Mais je n'aime pas trop quand mes mots restent ainsi dans ma gorge. Un effort, bon sang, c'est pas la lune !

« J'ai un peu faim... »

Quelle idiote. Voilà tout ce que j'ai trouvé pour me rattraper. C'est sans doute parce que j'ai réellement un peu faim. L'ennui, c'est que ce n'est pas dans une chambre que nous trouverons de quoi me rassasier, j'en ai bien conscience. Et je ne veux pas aller au réfectoire. Il ne doit pas être encore ouvert, et lorsqu'il le sera, il sera probablement bondé. Je ne sais pas si Damara a compris que je n'aime pas trop la foule, mais c'est probable que non. Je ne vois pas comment elle aurait pu le deviner, puisque mon comportement d'hier a été à peu près similaire en présence de foule et sans elle. Le problème, c'est que je n'oserai pas refuser si elle me dit d'aller au réfectoire.
Merde, mais qu'est-ce qui m'a pris de sortir ça ? J'aurais pas pu me taire ? Ça ne l'aurait pas gênée, elle doit commencer à avoir l'habitude d'entendre mon silence.
Non ?
Non.
Mon silence n'est pas franchement ce qu'on peut trouver de plus agréable. Et j'espère bien qu'on n'y prendra pas goût, en même temps que je souhaite le contraire. Ce n'est pas en changeant les autres pour qu'ils me tolèrent comme je suis que je pourrai avancer un jour. J'en suis bien consciente, je vous rassure. Cela dit, c'est bien agréable d'être conforté dans sa manière d'être, aussi stupide soit-elle. Ça évite d'avoir à faire trop d'efforts et de se fatiguer.
J'ai envie de revenir sur ma parole pour ne pas avoir à en subir les conséquences. Mais cela ne servirait à rien, j'en suis certaine. Maintenant que c'est dit, Damara sait que j'ai faim. Et puis si je me tais, ça m'évitera de dire d'autres idioties dans le genre.
Alors je me tais.

[Désolée, j'arrive pas à faire mieux... Complètement morte é_è Je ferai mieux au prochain, promis]

_________________
Embrasser un espace silencieux,
Frapper les murs inutilement,
Et tout laisser en non-dits.

Bienvenue dans la solitude !
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